Suite de P1 - brêves d'anatomie

 

Le 31 décembre je reste chez mes parents, qui fêtent le nouvel an chez eux. Je mange avec tout le monde, et je remonte dans ma chambre, pour lire mes cours. Vers 23h45 je redescend passer un peu de temps au salon, le dessert, bonne année, bisous bisous.

A 0h15 j'apprends les mécanismes cellulaires de l'inflammation.

 

Avril, vacances de printemps. Révisions de printemps plutôt, le concours est dans 15 jours. Je suis chez mes parents, au milieu du salon. Je n'arrive plus à rester isolée dans ma chambre, j'ai besoin de voir du monde. Mais ça bugge dans mon cerveau, je n'arrive plus à rien. Je relis et relis la même page, sans arriver à retenir la moindre information. Je m'énerve, je surligne, je lis à voix haute. Peine perdue.

J'ai l'impression d'avoir fait surchauffé l'appareil, il y a eu un court circuit. J'espère juste que mes sauvegardes antérieures ont été enregistrées. Parce que je ne peux plus rien ajouter.

On me dit que tout le travail que j'ai fait avant, c'est ça qui compte, que je ne m'en rend pas compte mais que tout est là au fond de moi, que ça ressortira quand j'en aurais besoin. Je n'en ai pas l'impression, la machine ne marche plus.

Ces deux semaines de révisions primordiales avant le concours ont été les plus inutiles de l'année.

 

La veille du concours, plus pour ma conscience, je ressors quelques cours de biochimie, les plus importants. Cholestérol, cycle de Krebs, acides aminés.

Le lendemain, je ne crois pas que les informations sont ressorties quand j'en avais besoin. Les seules réponses de biochimie que j'ai pu sortir sont celles que j'avais relu la veille. J'apprendrais après que j'ai eu 1,21 / 12.

A la fin du concours, je n'étais ni heureuse, ni soulagée, ni énervée, ni inquiète, ni angoissée, ni anxieuse de recommencer une nouvelle année comme celle-là.

 

Je ne savais pas quoi faire de mes journées, puisque je ne devais plus réviser. Je n'étais plus capable de faire grand chose de toutes façons, la machine était cassée, après la surchauffe.

Je regardais la télé, les séries les plus stupides possible.

Et j'ai pris un sac à dos et des baskets, et j'ai été marcher. J'avais l'impression de redécouvrir le soleil et les arbres.

 

Pas inquiète, pas impatiente, pas soulagée, pas heureuse.

 

J'étais juste vide.

 

A suivre - Résultats