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ma première photo de 2012, lever de soleil

 

Bonne année et tout ça. Je ne suis pas adepte des souhaits de bonne année à répétition ; mais si je ne le fais pas, je passe (encore) pour une asociale grossière donc...

Non pas que je ne souhaite pas tout plein de bonnes choses aux gens, mais bon ça je le souhaite toute l'année, je bosse pour essayer d'apporter des bonnes choses aux gens, c'est un peu mon quotidien.

Pas de bonnes résolutions non plus. Pas plus que le reste de l'année.

Beaucoup de réflexions par contre.

 

2012, année charnière.

 

2011 s'est fini avec beaucoup de chamboulements.

 

Je ne sais pas où je vais professionnellement. Où il faudrait que j'aille plutôt. Il faut que je passe cette thèse je le sais. Parce que maintenant je n'arrive plus à glandouiller ou à profiter tranquille, elle est omniprésente cette petite voix « et ta thèse elle avance ? » dès que j'essaie de faire autre chose.

Sans compter les grosses voix bien réelles qui n'ont qu'une question « T'as une date ? Fixe une date c'est le plus important ! »

Non l'important c'est que je finisse ce que j'ai commencé, et que je le finisse bien. Et je ne sais pas combien de temps ça me prendra encore, pour faire les choses bien, alors comment fixer une date ?

Et c'est tellement confortable de ne pas pouvoir s'engager, parce que « de toutes façons j'ai pas ma thèse »

Alors je pourrais ne pas regarder plus loin que le bout de mes chaussures, et continuer mes petits remplacements, dans les cabinets que je connais déjà, et voilà.

 

Je ne me reconnais pas dans cette frilosité, cette peur du changement. Où est passée la Moi qui il y a encore quelques années voulait faire le tour du monde, travailler et voyager de pays en pays ? Je me voyais bien, sac au dos et enfants dans les bagages, voguant de pays en pays, de culture et culture...

Et me voilà aujourd'hui, m'inquiétant à l'idée même de devoir changer de région si l'Ours trouve du boulot ailleurs. L'autre bout de la France, c'est pas si loin au final, mais voilà qu'aujourd'hui je n'ai plus envie de partir loin, j'aime les voir régulièrement mes parents et mes amis, j'aime la relation qu'ils ont avec ma fille, je n'ai pas envie de les éloigner. J'aime ma région, je connais ma région, je connais mes collines, je connais les hôpitaux, je connais les médecins, je connais les rivières. Comme la rivière de Grosseville, qui est en crue comme tous les ans. Les champs sont inondés partout, on voit le bout des barrières et les arbres qui dépassent et j'aime regarder ce spectacle à chaque fois. C'est chez moi tout simplement.

 

Alors le Québec... pays que j'adore, et l'Ours aussi. Pays qui serait intéressant professionnellement pour lui. J'y ai repassé une semaine cet été, comme je me vois bien élever mes marmots dans ce beau pays. Ça c'est la théorie. Parce qu'en pratique quand il faudra prendre la décision, quand il faudra dire « on y va ? »... est-ce que je suis prête à laisser famille, amis... et à tout reconstruire là bas ?

 

Alors que déjà ici je ne me lance même pas pour découvrir d'autres cabinets qui pourraient être intéressants pour moi. Peur de devoir gérer d'autres propositions d'installation auxquelles je ne saurai dire ni oui ni non ?

 

Pendant cette fin d'année, j'attendais avec impatience ce mois de janvier, qui signifiait fin de la période éprouvante de remplacements, mois relax, et peut être bêtement mois du renouveau, mois tremplin qui me ferait avancer dans ma vie. Moi sans remplacement où je pourrais enfin faire toutes ces choses qu'on repousse parce qu'on n'a pas le temps là. Fixer l'étagère dans la chambre, lire ce bouquin, trier les photos, bricoler des cadres, aller nager. Écrire une thèse.

Et maintenant que j'y suis, éternelle insatisfaite, je râle de passer mes journées entières à la maison, regardant le temps qui défile sans faire le tiers des choses que je devrais faire. Je tourne en rond dans cet appartement trop grand pour moi toute seule, regardant la vaisselle qui s'empile dans un équilibre instable et ces entretiens qui ne s'analysent pas tout seul. Je m'énerve toute seule, je finis mes journées sur les nerfs. Je m'énerve de m'énerver et de ne pas arriver à voir la vie du bon côté. J'attaque les journées pleine de bonnes intentions, et avec la meilleure volonté du monde ; et je les finis à me flageller mentalement de ma mollesse et de mon manque d'initiative.

L'Ours s'inquiète, il me demande si je dors bien, si je me réveille dans la nuit. Mon sociologue chrono-biologiste me surveille, il a peur que ça recommence comme avant.

 

 

Mon Ours. Mon futur mari. Mon mariage. Le plus beau jour de ma vie ? Tout le monde se pose sûrement des questions à l'approche de son mariage, autant que moi ?

On le sait tous les deux, on ne serait peut être pas là tous les deux si Tétarde ne s'était pas invitée. Mais maintenant nous sommes une famille. De l'amour, oui bien sûr il y en a.

Plus comme au début, mais c'est normal je crois. Est-ce que je suis prête à vivre toutes nos différences pour toujours et tout et tout ?

Mon Ours des Casernes. Qui vit dans sa grotte et grogne si on le bouscule un peu trop. Et moi qui ait besoin de papillonner, de voir mes amis, de partir ici ou là. Est-ce qu'on arrivera à se construire une vie heureuse et épanouie tous les deux ? Il fait des efforts, moi aussi. On y croit. Et en même temps j'ai peur. Mais je ne peux pas faire demi-tour, et quand je vois notre petite fille, quand je vois ce que ça donne, nous, je n'ai pas envie de faire demi-tour de toutes façons. Pour les valeurs qu'on partage, pour sa façon de voir la vie.

 

Une thèse, un mariage, plein de projets, qui me tiennent plus ou moins à cœur. Des décisions à prendre. En 2012, je me lance, j'avance. Même si je sais pas trop comment encore.

 

faustine dreamy