Petit texte écrit il y a un moment, pendant mon stage chez le praticien, que je n'ai pas eu envie de retoucher.

 

Nous allons la voir en fin de matinée, après les autres visites.


Elle n'est plus toute jeune, 80 ans passés. Elle a fait le ménage, et mis une jolie nappe.


Elle est surprise que nous soyons deux, mais c'est pas grave, elle rajoutera une tasse.
Nous nous asseyons pendant qu'elle pose une troisième petite soucoupe et avec une tasse en porcelaine bleue et blanche.


On est arrivé juste à l'heure, dit-elle; les crêpes sont juste prêtes.
Elle les pose entre nous, avec de la confiture et la cafetière.


Comme tous les trois mois, tout en mangeant, on discute de tout et de rien, de son mari qui est décédé, de ses petits enfants qui sont venus pour son anniversaire, de sa voisine qui lui ramène les courses. Je rajoute un sucre dans le café. Pendant un moment, le rythme trépidant de la journée fait une pause, et nous le savourons.


Au bout d'un moment, on passe de l'autre côté de la table, où sont posés bien classés dernières ordonnances, chéquier et carte vitale, avec un petit stylo.
Elle va s'asseoir sur le fauteuil et je prend sa tension, je regarde ses jambes, j'écoute son cœur et ses poumons. Elle va bien.

Moi aussi.