Un jour mon Prince Ours viendra.

Parlons un peu de lui quand même.

Je ne suis pas toujours très tendre avec l'Ours. Surtout ici évidement, puisque c'est plus facile de venir râler que de venir raconter que tout va bien.

Bref à ne prendre que ce que je dis ici ou là, on peut se demander ce qu'on fait ensemble. Bon évidement je me le demande parfois aussi.

Mais dîtes-vous que si nous sommes toujours ensemble malgré toooooouuuus les mauvais côtés dont je parle, c'est qu'il doit y avoir un sacré paquet de bons côtés pour compenser. Je raconte pas les bouquets de fleurs qu'il rapporte à la maison, ni les tasses de tisane qu'il m'apporte sans que je lui demande quand je suis coincée sous mon plaid avec mon ordi. Ni lorsqu'il me laisse sortir avec mes copains sans rien dire alors que je sais qu'il n'aime pas ça. Ni toutes les concessions qu'il fait pour l'organisation de notre mariage, pour que ça me fasse plaisir à moi.

 

La thèse – que dis-je – LES thèses ont un peu tendance à exacerber les tensions... Et depuis 8 ans que nous sommes ensemble... nous avons vécu 7 ans de thèses. La sienne, la mienne, re la sienne (oui il est pas net je vous le dis), notre vie tourne autour des thèses depuis un moment...

Tout ça a donné des échanges savoureux durant les derniers mois, comme quand je lui ai demandé en larmes de m'aider, 2 mois avant la soutenance, parce que j'avais vraiment besoin de pouvoir me consacrer UNIQUEMENT à mon travail. Et pas à faire les courses, tous les repas, et m'occuper de Tétarde en plus.

« - Ben toi on peut pas dire que tu m'as aidé pour ma thèse à moi hein...

- Ah. Première nouvelle. Pas sur ta thèse en elle-même, mais j'ai tout fait pour que tu n’aies que ça à gérer... Je m'occupais de Tétarde, je faisais toutes les courses, les repas... ! J’espérais juste que quand ça serait mon tour je puisse me concentrer dessus aussi !

- Attends ! Ne me dis pas que je suis pas présent !!!

- Heu... ok, ben me dis pas que tu es présent.

- Tu veux quoi, que j'arrête les pompiers ? Que j'arrête le hockey ? Attends moi je t'ai pas empêché de vivre pendant ma thèse !

- Hein ??!! Ben on n'a pas la même définition de vivre alors ! Ça fait 7 ans qu'on part pas en vacances « parce que non je peux pas y'a ma thèse » on part même plus en week-end, à la maison tu fais que ça ! Ça a duré des mois, des années, où j'ai fait des efforts, et moi je te demande deux mois, c'est quand même pas trop demandé !!! »

 

 tu m'aimes

(Scène on ne peut plus réaliste de nous ces derniers mois, La thèse nuit gravement à la santé)

 

Bref, maintenant que tout est passé, j'en parle plus sereinement, mais inutile de préciser que c'était tendu. Et que malgré sa promesse de faire des efforts pour me décharger, il n'a jamais été aussi absent que durant ces deux mois.

L'abcès a gonflé pendant ces semaines, où je ne le voyais quasiment pas malgré mes demandes, où l'un comme l'autre la moindre remarque nous faisait partir au quart de tour. (quoi le thèsard est susceptible et à fleur de peau ?)

 

Et puis un jour... j'ai lâché prise. J'ai arrêté d'attendre de l'aide de sa part. Sans méchanceté aucune, j'ai juste accepté qu'il ne pouvait pas faire plus, et que je me faisais plus de mal qu'autre chose à ronger mon frein comme ça.

J'ai surtout arrêté (enfin temporairement) de nous comparer aux autres couples. Ceux chez qui ça se passe toujours mieux que chez nous (mon œil). Vous savez, ces couples qui ne se disputent jamais, qui partagent plein de choses, qui sont épanouis, qui semblent toujours sur la même longueur d'onde, qui font l'amour plus souvent et qui assurent grave quand l'un deux passe une thèse. (Je me dis surtout qu'avec un peu de bol, ils se disent la même chose de nous)

J'ai accepté qu'on n'était pas comme les autres, que les autres n'étaient pas comme nous, et qu'il fallait arrêter de vouloir faire comme ceux qui n'ont pas d'enfants et qui finissent à 17h. On ne fonctionne pas comme eux, et il faut faire avec. J'ai un Ours qui a un boulot prenant, qui – pour moi – a quitté Paris mais qui doit y retourner régulièrement, et qui a besoin de hockey et de pompier pour être équilibré. C'est comme ça et ça sert à rien que je m'énerve contre ça.

Car l'Ours porte bien son nom. Il est imposant, il est doux, on lui fait des câlins, mais quand il grogne ça fait du bruit, et quand il veut donner une pichenette, il t'envoie valser à l'autre bout de la pièce sans s'en rendre compte. (C'est une image, je ne suis pas une femme battue hein)

Et je préfère largement qu'il aille se défouler avec ses copains hockeyeurs plutôt que d'avoir un gérer un trop plein d'énervement à la maison.

 

Bref, nous ne sommes pas un couple tranquille, il y a des caractères à gérer (pas le mien évidement je suis une crème) mais au final on va quand même se marier. Malgré les thèses. Et même si on a été des conjoints indignes qui méritont même pas notre place dans les remerciements.