Il paraît que c'est la première chose à laquelle on pense quand on commence à parler mariage. Il paraît. Sauf que nous, on a pensé bonne bouffe, bon vin, et pour ma part, joli lieu. Alors au salon du mariage de GrosseVille, j'espèrais bien trouver la robe de mes rêves sans trop d'efforts. Enfin disons ma robe tout court, parce que je vous rappelle que je n'en ai jamais rêvée.

J'ai donc cherché l'inspiration dans les nombreux catalogues présents.

Je pensais naïvement que la quête de ma robe serait chose facile. Il existe des milliers de modèles différents, je n'ai pas d'idée bien précise en tête, ça ne devrait donc pas être trop dur de trouver quelque chose qui me convienne. Bon j'avais tout de même quelques critères éliminatoires.

 

En une heure j'avais donc éliminé tous les modèles de tous les catalogues.

Le maigre enthousiasme que je pouvais avoir commença à s'étioler.

 

Heureusement, des vendeuses compréhensives me remontèrent rapidement le moral.

« Pardon ? C'est pour cet été et vous n'avez toujours pas choisi votre robe ? Faudrait peut être vous dépêcher là ! »

« Nan mais comment vous pouvez dire que vous aimez pas alors que vous avez même pas essayé ? » (heu... parce que c'est moche ?)

 

En pleine rédaction de thèse, et n'étant pas transportée d'une forte excitation pour la chose, je n'ai pris rendez-vous que dans les 2 magasins spécialisés de GrosseVille. L'idée même d'aller à MégaCity me farcir 15 autres boutiques me faisait déprimer d'avance.

 

Jusqu'à ma première visite dans la première boutique, je croyais bêtement que c'était la future mariée (on dit bride-to-be quand on est « in » il paraît) qui choisissait sa robe. Mais il semblerait que les vendeuses décident de te refourguer ce qu'ELLES veulent, sans qu'il y ait vraiment de relations avec tes desiderata.

J'avais pourtant fait des efforts, passant des soirées entières à délaisser ma thèse (et je vous assure que j'aurais parfois préféré écrire ma thèse) pour dénicher des photos afin de me faire un peu une idée de ce qui me plairait. Ne trouvant pas une robe remplissant tous les critères, j'avais même – langue entre les lèvres – esquissé un croquis de ma robe idéale. Sans trop de détails hein, je suis pas compliquée, juste pour leur donner une idée de la coupe ou de la forme que je voudrais.

 

J'ai vainement cherché la ressemblance avec mon schéma devant les robes qu'on a sorties devant moi. Mais déjà quand j'ai dit « je veux pas de bustier » j'ai senti que je l'emmerdais. Visiblement 80% des robes étaient des robes bustiers, et si ce n'étaient pas le cas, elles étaient … heu... moches.

Alors quand j'ai osé ajouter « et pas de traîne, et pas trop de volume en fait, un truc assez fluide, qui tombe simplement », son regard en a dit long. C'est d'un air pincé qu'elle s'est attelé à mon cas.

« Bon déjà, vous voudriez quelle couleur ?

- ben blanche ou... comme ça là.

- Ça c'est pas blanc, c'est ivoire.

- Oui, blanc, ivoire, voilà.

- Ah c'est pas la même chose blanc et ivoire !

- Heu oui oui, mais j'ai pas de préférence particulière... » Ce qui voulait dire, je m'en branle, du moment que la robe me plaît.

 

Il faut être honnête, sur leurs porte-manteaux, aucune robe ne me tapait particulièrement dans l'oeil.

Une fois en cabine, je découvre tous le rituel : le jupon (« non mais moi je veux pas de jupon... - si. - ah bon. »), les chaussures ivoires moches, le soutien-gorge ivoire moche sans bretelle, le truc que tu peux pas enfiler tout seul, et tout ce volume de tissu superflu que j'essaie d’aplatir sous l’œil courroucé de la gentille vendeuse. Bref, on est quand même loin du conte de fée.

 

Mais... mais... quand je suis sortie de la cabine dans ma robe scintillante (en trébuchant dessus car c'est du 44 alors que je fais du 38) ben ça a quand même fait son petit effet. Contre mon gré même, je m'y attendais pas, mais j'ai bien vu que même ma copine-témouine qui n'est pas non plus du genre à fantasmer sur « le-plus-beau-jour-de-sa-vie » était restée silencieuse quelques instants avec de grands yeux.

 

Au bout de quelques essayages, il a bien fallu se rendre compte que les robes-pas-bustier que je m’entêtait à essayer ne ressemblaient à rien. Et qu'en plus de vouloir me refourguer des robes moches, la vendeuse ne se gênait pas sur les gentilles remarques.

« bon vous allez avoir un voile ? - Heu non. - vous laissez poussez les cheveux alors ? - non. - Ah »

« Mais il FAUT une traîne, c'est plus joli pour la sortie de l'église !!! »

« Bon là c'est sûr, ça va pas, comme vous avez la taille marquée et pas de poitrine... » (heu... je t'emmerde?)

J'ai cru que j'avais blasphémé quand j'ai dit que plaire à mon mari, c'était certes bien, mais qu'il fallait peut être que ça me plaise à moi aussi.

 

En repartant, même si j'avais trouvé 2 ou 3 jolies robes qui feraient bien l'affaire, il a bien fallu que j'accepte que la robe qui remplissait mes quelques critères n'existait pas. Ou alors ailleurs, et bien plus cher.

 

Après quelques visites pour être sûre, mon choix s'est donc porté sur une robe pas bustier bustier, blanche et marron ivoire et chocolat, avec encore un peu trop de volume à mon goût, mais je suis en négociation avec cette sournoise vendeuse pour essayer de réduire encore ce fichu jupon.

 

Bref j'ai acheté ma robe alors que j'avais pas la tête à ça, et ce n'est qu'une fois la robe commandée et ma thèse finie que j'ai déniché des photos des robes que je voulais.

Mais qui coûtent en moyenne 2000€ de plus que ma mienne. Et qui auraient nécessité plusieurs voyages à Paris. Genre ça.

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Pas de regrets, je n'avais de toutes façons pas l'intention de claquer un (autre) bras pour une robe, qui bien qu'elle soit importante, ne sera portée qu'une seule fois.

 

Et même si ce n'est pas la robe-de-mes-rêves-dont-je-n'ai-jamais-rêvée, je suis quand même une bombasse dedans.

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