Engagement (n.m.)

- action de se lier par convention, par promesse

- acte ou attitude de celui qui prend parti

 

Voilà un mot d'actualité.

S'engager...

 - … avec l'Ours. Officiellement, ce sera dans une semaine. Dans les faits cela fait bien plus longtemps. La question de lier à jamais ma vie à la sienne s'est posée bien avant une (absence de) demande en mariage ; mais bien lorsque mon bâtonnet pipi a viré positif, ce qui est bien le plus profond des engagements.

Bien sûr que par moment je me demande encore si c'est bien lui, si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs ; parce que comme une fille que je suis, je suis incapable d'être sûre de moi sans avoir tout essayé, tous les jeans de tous les magasins, au cas où il y en ait un avec une meilleure coupe, ou moins cher, ou avec une ceinture intégrée.

Mais bien sûr, je ne pas faire toutes les boutiques pour essayer tous les Ours. S'engager c'est ça aussi : faire un choix, même si c'est pas parfait, l'assumer, et faire ce qu'il faut pour que ce choix devienne le meilleur.

 

- … professionnellement. Oui, peut être, mais non, pas tout de suite, je sais pas. Il faut être honnête, l'instabilité professionnelle chronique de l'Ours est un bon prétexte à des réponses évasives et vaseuses de ma part à toute demande d'engagement professionnel. Pour le moment mon plus grand engagement c'est de m'engager dès janvier pour les vacances d'été. J'ai pour l'instant du mal à me projeter plus loin. Parce que si ça se trouve l'herbe est plus verte ailleurs, parce qu'il y a des choses à BledPaumé que je ne retrouve pas à Trouville et inversement, et que si ça se trouve ailleurs il y a encore bien mieux. Parce que pour l'instant je veux garder les deux sans m'engager ni dans l'un ni dans l'autre. Parce que la situation semble me convenir à moi, et à mes remplacés, alors pourquoi se précipiter. Avec mon internat fini il y a 1 an ½ et ma thèse il y a quelques mois, j'en suis à l'adolescence de ma pratique... où on papillonne en essayant ci ou ça, en affirmant ses goûts et ses choix.

Un jour le meilleur choix s'imposera à moi, et là je m'engagerais, sans hésiter.

 

 

- … ou prendre parti. Le premier engagement dont je me souvienne, c'est mon élection en tant que déléguée de classe en 6ème. J'ai dû renouveler l'expérience 2 ou 3 fois je ne sais plus, même si je m'étais rendu compte de faible rôle que j'avais à l'époque.

Je m'investissais dans des causes, à la hauteur de mes moyens, donnant 10 centimes par jour à Handicap International et construisant des pyramides de chaussures avec mes amies. Déjà à l'époque il n'y avait dans ma tête ni petit combat ni petite contribution.

Arrivée à la fac, plus précisément en deuxième année, j'avais enfin le temps et la possibilité de m'engager dans toutes les causes qui m’intéressaient. Les associations étudiantes de la fac tout d'abord, de l'Université, puis l'échelon national. J'ai continué sur cette voie, élue au Conseil d'UFR jusqu'à la fin de l'internat, défendant les étudiants, essayant à ma toute petite échelle de modifier les absurdités de notre enseignement, de voir avec les professeurs comment mieux intégrer la théorie à la pratique de nos stages, bataillant pour mettre en place les stages d'externe en cabinet de médecine générale.

Engagée dans l'association humanitaire de la fac également, jusqu'à en devenir présidente en 4ème année, à monter mes propres projets à l'étranger ; ou comme secouriste à la Croix Rouge.

 

Naïve je croyais changer le monde, et m'investissais à fond et dans tout. Dans tout sauf dans mes études évidement, pour lesquelles j'avais le droit à un septembrage en règle tous les ans.

Et puis un jour je me rends compte que "Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de nos illusions" (copyrigth @Bouletcorp)

Trop plein, désillusions, d'autres priorités apparaissent, et un peu à l'insu de mon plein gré, j'abandonne mes combats les uns après les autres.

 

Je regarde parfois avec nostalgie la jeune femme investie et pleine de rêves que j'étais, espérant retrouver un peu de cette énergie renverseuse de montagnes que j'avais à l'époque, l'époque où le monde m'appartenait et où rien ne pouvait m'atteindre.

 

Avec un peu de nostalgie certes, avec plus de recul surtout. Mon énergie n'a pas disparue, elle est investie ailleurs (indice : c'est petit, blond et bouclé, et ça cause beaucoup). Mes combats sont peut être moins spectaculaires mais ils sont quotidiens, dans mon métier, dans les valeurs que j'essaie de défendre. Mon envie de changer le monde est toujours là également, mais changer le monde ça se fait pas d'un coup, alors on y va petit à petit. Je suis toujours au Conseil d'Administration de l'association des jeunes médecins avec mes dossiers en sommeil et j'ai ma to-do liste de choses que j'aimerais faire - un jour. Et parfois je suis le mouvement lancé par quelqu'un d'autre, parce que s'engager c'est pas seulement avoir les bonnes idées, c'est aussi parfois simplement relayer et soutenir ceux qui les ont eu et qui se battent pour elles, comme exiger enfin des blouses qui respectent la pudeur des patients à l'hôpital.

La pétition, c'est là.

L'histoire, elle a commencé , puis , et enfin .

Et elle se poursuit , et ou , ou encore , la lère.

 

Parce qu'on peut s'engager dans une histoire de cul aussi. Ou simplement en signant une pétition.