Voilà la question qu'on me pose régulièrement depuis un an au moins, et qui me gonfle à peu près autant en tant que « bride-te-be » que la célèbre « et ta thèse elle avance ? » en tant que thésarde.

Dans un cas comme dans l'autre, je répondais « Heu... non ». Cette réponse, en plus d'être on ne peut plus vrai, avait le mérite de stopper là les ennuyeuses discussions qui auraient pu suivre.

A la limite, avec un « alors ça avance ? », j'arrivais à distinguer une tentative maladroite d'engager la discussion, sur le même plan qu'un « ouhlàlà ça s'est bien rafraîchi ces jours ci ». Cela dit, si c'était pas le bon jour, ça ne vous mettez pas à l'abri d'un « ben ça va pas reculer hein ».

 

Donc non je ne stresse pas. Je dis pas que le jour J... heu pardon le D-Day, je vais pas un peu tachycarder et encore. Ptet que si le traiteur faisait faillite là maintenant et me plantait... je stresserais un peu. Et même, on ferait du taboulé pour tout le monde et voilà.

Mais me demander 8 mois avant si je stresse heu... j'en suis restée un peu bouche bée, tellement que j'ai demandé bêtement « ben pourquoi ? »

- si je devais stresser à l'idée de m'engager avec quelqu'un, la chose a déjà été faite il y a 3 ans, puisque maintenant nous sommes liés à vie par ce petit truc blond et bouclé qui bouge partout (le marmot quoi)

- stresser pour la pluie et le beau temps, que ce soit la veille ou 8 mois avant, je peux rien y changer. D'ailleurs on ne sait toujours pas si on sera sous les orages ou pas. Bon, ben on installera les tables au dernier moment.

- 3 jours avant, y'a toujours des gens qui se rajoutent et d'autres qui se désistent. Comme en consultation. ("J'avais rendez-vous pour moi mais y'a la petite qui a de la fièvre, ça vous dérange pas de la voir aussi ?") Ben tant pis pour eux, moi mes repas sont commandés, ils partageront.

Stresser de quoi alors ?

 

« Au contraire chui impatiente ça va être trop bien ! »

Et c'est vrai. Y'a pas mal d'organisation, surtout quand on invite 170 personnes à bouffer et qu'il faut les loger. Oui y'a des cartons plein l'appart, et des « listes de trucs à pas oublier » griffonnées partout sur des bouts de papier.

 

Mais j'ai hâte. Hâte et pas hâte à la fois.

Hâte parce qu'avec tout ce temps passé à préparer, elle ne peut qu'être bien cette journée.

Parce que j'ai appris à lâcher prise, à accepter une part d'inconnu au lieu de tout vouloir prévoir au geste prêt. Et j'ai découvert qu'on est beaucoup moins déçu que tout ne se passe pas comme prévu quand on n'a pas tout prévu. (Je vous laisse méditer là dessus)

Parce que tous ces gens seront là pour moi nous et je suis pas sûre qu'il y ait un autre moment de ma vie ou autant de personnes soient pour là moi, ensemble. Ce sera peut être ça le plus émouvant.

Enfin hâte parce que même si je dis qu' « un couple qui survit à l'organisation de son mariage mérite bien de se marier » on n'est pas loin de faire mentir la devise là, faudrait pas que ça dure trop non plus.

 

 

Et pas hâte parce que je vis dans l'attente, en permanence. J'aime décorer le sapin presque plus que Noël en soi. Dès le 1er décembre j'attends en imaginant le repas du 24.

Au collège, je me souviens avoir attendu fébrilement répétition après répétition le spectacle de théâtre de la fin d'année.

Et en ce moment je suis dedans. Dans cette délicieuse impatience fébrile, oscillant entre l'excitation et l'envie de ralentir le temps pour savourer encore un peu plus.

Pas hâte parce que « tu vas voir ça va passer trop vite » (rhaaa j'ai beau savoir que c'est vrai qu'est-ce que ça me gonfle qu'on me le dise)

Pas hâte parce qu'après ça va être le grand vide, et la fin de mes pseudo-vacances.

 

Alors non je stresse pas. Pas du tout.

Mais Mère stresse pour tout le monde, ça compense.