Il y a des moments trop vides, des moments passés devant une feuille blanche à essayer d'aligner quatre mots puis les effacer.

Des moments où le temps est là mais pas l'inspiration.

Des moments où la liste des choses à faire et des thèmes à développer s'allonge sans que j'arrive à mettre en forme les idées.

 

 

 

Et puis il y a ces moments où je déborde d'émotions et de mots à partager, sans avoir le temps de le faire.

Ces moments où les idées bouillonnent mais qu'il y a tellement plus important à faire.

Ces moments brouillons où finalement ça va trop vite et il est déjà trop tard.

 

 

J'aurais aimé parler de médecine, pour justifier mon entrée au Club des Médecins Blogueurs, mais au moment où j'entame une (encore plus) grosse parenthèse avec la médecine, les lecteurs arrivant par ce biais resteront sur leur faim.

 

J'aurais aimé parler de ces moments de déprime, de moi, mon gros ventre, la pluie et ma Tétarde à gérer à temps plein.

De cette impatience mélangée à ce sentiment de ne pas être prête.

De cette grossesse que je réalise et sur laquelle je me recentre au moment où elle se termine seulement.

De mes lubies bizarres questionnements sur la péridurale, son utilité, sur la douleur, son rôle, sa symbolique (oui je me pose plein de questions inutiles des fois)

Des bouffées d'amour pour ma Tétarde, à m'imaginer comment ce sera possible d'aimer autant un autre enfant, tellement celle-là prend toute la place. Même si oui, je sais en théorie, qu'on les aime autant les suivants.

 

Du soleil qui est arrivé, avec ses envies de fleurs et de vernis, soudainement, intensément, tellement attendu qu'on ne l'attendait pas encore en fait.

Du soleil qui a signé la fin de la trêve hivernale, l'expulsion du squat, soudainement, intensément, tellement attendu qu'on ne l'attendait pas encore en fait.

 

De cet accouchement imaginé, et si différent, et si intense.

 

Des bouffées d'amour, à m'imaginer comment ce sera possible de continuer à aimer autant mon premier enfant, tellement celle-là prend toute la place. Même si oui je sais en théorie, qu'on continue de les aimer autant les premiers.

 

De ce retour à la maison intense aussi, baby-blues bref et brutal, des pleurs, de cette volonté de repli sur moi, sur elle, de cette envie animale qu'il n'y ait plus qu'elle et moi, et qu'elle squatte mes bras à jamais.

De ma culpabilité, de la tristesse dans son regard, de la fatigue et de ses provocations, de la difficulté à trouver sa place dans cette nouvelle famille à quatre.

 

Et puis des câlins à huit bras dans le lit.

Des balades au soleil l'une dans les bras, l'autre fierté incarnée sur son vélo tout neuf.

De la fierté dans sa voix quand elle présente au monde SA sœur.

 

Des soirées à lui apprendre le sommeil, lumière tamisée, juste Louis Armstrong, Robin Hobb, elle et moi.

Des nuits hachées, de ses grands yeux dans les miens à 3h du matin, de ces moments au final si précieux parce que ce sont les nôtres, rien qu'à nous.

 

 

J'aurais aimé parler de tout ça. Mais il y a un temps pour tout.

 

Et actuellement, ce n'est pas le temps d'écrire.

2013_06_05_15